Ménopause : un bouleversement hormonal majeur, aux effets sur la santé globale
La ménopause est une étape naturelle de la vie des femmes, marquée par l’arrêt de la fonction ovarienne et une chute progressive des hormones sexuelles (œstrogènes et progestérone). Contrairement aux idées reçues, une transition hormonale progressive peut passer inaperçue. Mais lorsqu’elle est plus brutale, elle peut entraîner des inconforts importants qui affectent la qualité de vie. Cette transition hormonale enclenche une cascade de changements physiologiques qui peuvent affecter de nombreux systèmes du corps.
Des effets sur tout l'organisme
Les œstrogènes agissent bien au-delà de la sphère reproductive. Leur déclin progressif puis brutal affecte :
- le système nerveux central : altération de la production de sérotonine, dopamine, GABA… d’où l’apparition de troubles du sommeil, de l’humeur, de la concentration ou de l’anxiété ;
- la thermorégulation : dérèglement du centre hypothalamique, déclenchant les fameuses bouffées de chaleur et sueurs nocturnes chez plus de 70 % des femmes ;
- la peau, les muqueuses et les tissus : perte d’élasticité, sécheresse vaginale, fragilisation des voies urinaires, inconfort sexuel ou infections récurrentes ;
- les os : accélération de la perte osseuse avec un risque accru d’ostéoporose et de fractures, surtout après 60 ans ;
- le cœur et les vaisseaux : les œstrogènes ayant un effet protecteur cardiovasculaire, leur disparition augmente les risques d’hypertension, d’athérosclérose ou d’accidents cardiovasculaires, au même niveau que les hommes 10 ans après la ménopause ;
- le métabolisme : tendance à la prise de poids, surtout abdominale, et à la résistance à l’insuline.
Des répercussions psychologiques souvent sous-estimées
Au-delà des symptômes physiques, la ménopause peut entraîner : irritabilité, baisse de moral, fatigue chronique, sensation de « brouillard mental », repli sur soi, sentiment de perte de féminité… Autant de signaux qui peuvent affecter la vie personnelle, professionnelle, sociale et souvent passer inaperçus ou être minimisés. Et pourtant, ces manifestations sont réelles : elles traduisent l’impact neurologique des hormones sur le cerveau. Plusieurs études ont mis en évidence un risque plus important de dépression au moment de la périménopause, en particulier chez les femmes ayant un terrain anxieux. En 2025, près d’1 femme sur 3 est ménopausée dans le monde. Pourtant, la ménopause reste peu abordée : manque d’information, tabous, symptômes banalisés.
Mieux vivre sa ménopause
C’est associer, un suivi médical adapté, un accompagnement nutritionnel et psychologique, des soutiens ponctuels ciblés et surtout : de l’écoute, de l’information, du choix. La ménopause mérite d’être accompagnée avec bienveillance, science et liberté. Ce n’est pas une fin, c’est un nouvel équilibre à construire.